Perspectives autochtones à propos de vieillir et de mourir
Notre rôle de laboratoire d’innovation sociale se concentre maintenant à porter un regard critique et créatif sur nos pratiques sociales, communautaires et de recherche : Quels systèmes (familiaux, institutionnels, de pensée, etc.) nous détournent de façons de vieillir plus désirables et responsables?
Ces réflexions prennent racines dans des collaborations qui se sont développées avec le temps entre Présâges, le Ns Govlab (laboratoire d’innovation sociale sur le vieillissement du gouvernement de la Nouvelle-Écosse), et ensuite le collectif international d’arts et de recherche Gesturing Towards Decolonial Futures. Être un laboratoire d’innovation sociale nous a souvent amenés dans des conversations autour de questions d’inclusion, de racisme, de vérité et réconciliation, de crise climatique… sans savoir comment naviguer ces questions. Ces nouvelles relations de travail nous ont toutefois aidés à trouver davantage de langage et d’outils afin de pouvoir plonger un peu plus loin.
Une des façons dont nous plongeons est en s’impliquant dans un projet de recherche avec le Ns Govlab et Cash Ahenakew Ph.D., titulaire d'une Chaire de recherche du Canada sur le bien-être des personnes autochtones et membre de la nation crie Ahtahkakoop en Saskatchewan. Dans ce contexte, Steeven Pedneault de Présâges a passé une semaine à Vancouver en avril dernier pour enfin être toutes et tous ensemble et pour clarifier les intentions de notre collaboration. Le projet est d’entrer en conversation avec des aîné.es autochtones de différentes nations au pays. Ces discussions feront émerger une série de balados (en anglais) à propos de leurs façons d’envisager l’âge mûr et la mort. L’intention première est de créer un espace pour tisser une meilleure compréhension de la dissonance entre les trajectoires de vieillissement actuellement possibles pour les personnes autochtones et des trajectoires alternatives qui feraient davantage sens pour elles aux niveaux culturels, spirituels et politiques.
En effet, quand on réfléchit à des meilleures façons de vieillir, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier. Nous devons écouter avec soin et respect les diverses perspectives qui occupent un même territoire et résister à la tentation de faire des amalgames. C’est un fil de fer sur lequel nous devrons tenter de marcher avec équilibre en rencontrant des aîné.es de nations autochtones dont les cultures et les spiritualités varient. Certains apprentissages de ces conversations devront demeurer dans l’intimité de ses nations, d’autres auront la pertinence de circuler à l’intention de personnes autochtones et, finalement, nous réfléchirons à comment ces apprentissages peuvent alimenter des conversations multi-culturelles entre autochtones et non autochtones de façon responsable.
Nous partagerons d’autres nouvelles à propos de ce projet en chemin. Il nous fera plaisir de répondre aux questions qui piquent votre curiosité. Nous travaillons aussi à développer les relations nécessaires pour faire résonner ces conversations en français/au Québec. Merci!